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Epidémie de rougeole à la prison de Lantin: le procès Valentin suspendu 8 jours

 
 

Le procès des assassins présumés de Valentin a été suspendu devant les Assises de Liège, pour cause d'épidémie de rougeole à la prison de Lantin où sont détenus les accusés.

Le procès des cinq accusés de l'assassinat de Valentin Vermeesch devant la cour d'assises de Liège est suspendu pendant huit jours en raison d'un risque de propagation de la rougeole. 

Quatre détenus et un membre du personnel de la prison de Lantin ont en effet contracté la rougeole, a indiqué lundi la porte-parole de l'administration pénitentiaire, Kathleen Van De Vijver. Le procès aux assises de l'assassinat de Valentin Vermeesch a été suspendu lundi matin, le temps qu'un médecin légiste examine les accusés, dont l'un est incarcéré dans cet établissement pénitentiaire.

Une prise de sang sera réalisée aujourd'hui sur les accusés afin de vérifier leur immunité. Des frottis buccaux seront ensuite accomplis vendredi pour vérifier la présence du virus. Si tout danger est écarté, le procès reprendra lundi.

"Depuis ce week-end nous avons constaté des cas de rougeole à la prison de Lantin, actuellement limités à quatre détenus et un membre du personnel", précise l'administration pénitentiaire. Des contacts ont déjà été pris avec les services concernés, à savoir la médecine du travail, les services régionaux de l'AViQ, le bourgmestre, le service médical de la prison et la direction locale et régionale de l'administration pénitentiaire, afin de gérer la situation. Une réunion est par ailleurs programmée ce lundi concernant les mesures à prendre, ajoute Kathleen Van De Vijver. En attendant cette réunion, aucune personne extérieure à la prison ne peut y pénétrer. La rougeole est l'une des maladies les plus contagieuses au monde pour laquelle il n'existe pas de traitement curatif, mais elle peut être prévenue par deux doses d'un vaccin "sûr et efficace", selon l'OMS.

Le procès devait reprendre aujourd'hui avec les dernières auditions des témoins de moralité de deux accusés. Mais en début de matinée, les avocats ont été convoqués par la présidente Catherine Urbain, confrontée à un problème médical qui touche un ou plusieurs accusés. "À la suite des informations reçues de la prison de Lantin, il existe un risque de contagion de la rougeole", a indiqué la présidente en début d'audience.     


Un des accusés du procès transféré dans le même fourgon

Tout un quartier de la prison de Lantin a été mis en quarantaine en raison de la propagation dans ce quartier de la rougeole, une maladie contagieuse. Un des accusés proviendrait de ce quartier et en aurait été extrait malgré l'état de quarantaine. La cour a été confrontée à un risque important de contagion parmi les accusés qui ont été transférés dans le même fourgon cellulaire.

À leur arrivée au palais de justice, les accusés n'ont pas été sortis du fourgon. Si un des accusés devait être touché par la maladie, il existe un risque de propagation aux gardiens, aux policiers, aux avocats ainsi qu'à tous les intervenants du procès, dont le jury où siège une femme enceinte.


"En principe, tout le monde est vacciné"

Les accusés n'ont pas comparu en début d'audience, représentés par leurs avocats pour permettre à la cour de procéder aux formalités de report du procès. L'avocate générale Pascale Schils a requis la désignation d'un médecin légiste. "En principe, tout le monde est vacciné et le risque de contamination est limité. Le médecin sera chargé de donner son avis sur la probabilité de contagion. Il est important de savoir si on peut poursuivre le procès et sous quelles conditions", a requis le ministère public.  La présidente Catherine Urbain s'est aussi adressée à la jurée enceinte. "Si vous souhaitez poursuivre le procès avec nous, ce qui est votre droit, nous solliciterons de votre part une décharge médicale de votre médecin", l'a-t-elle informée.

Valentin Vermeesch, un Hutois âgé de 18 ans souffrant d'un léger handicap mental, avait été tué la nuit du 26 au 27 mars 2017 à Statte (Huy). Il avait subi une très longue scène de violences et de tortures avant d'être précipité dans la Meuse, où il s'était noyé, les mains attachées dans le dos.       


 

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