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Les chauffeurs De Lijn ne s'arrêteront plus à la gare de Bruxelles-Nord: "Des scènes déchirantes se déroulent là-bas"

 
 

Les syndicats de De Lijn ont convenu que les chauffeurs ne s'arrêteraient plus à Bruxelles-Nord dès lundi, se plaignant depuis des mois d'une situation peu sûre et d'un manque d'hygiène autour de la gare. Plus tôt cette semaine, Het Laatste Nieuws rapportait des cas de gale, de tuberculose et de malaria au sein d'un groupe de migrants en transit qui y séjourne.

Craignant d'attraper des maladies, les conducteurs ne s'arrêteront dès lors plus aux alentours de la gare ferroviaire bruxelloise, ont convenu les syndicats ACV, ACOD et ACLVB. Geert Witterzeel, de l'ACV, affirme que les sociétés privées qui opèrent autour de la gare ont été contactées. Il souligne que les syndicats ne visent pas les migrants en tant que tels.

Des scènes déchirantes se déroulent là-bas

Les chauffeurs de De Lijn se plaignent depuis des mois d'un manque de sécurité et d'hygiène dans et autour de la gare de Bruxelles-Nord. 

"Des scènes déchirantes se déroulent là-bas." "Cela va de mal en pis", témoigne Rita Coeck, du syndicat socialiste ACOD. "La direction doit trouver une solution." La société flamande n'était toutefois pas au courant de la décision, selon une porte-parole. "La direction n'a reçu aucune notification officielle." Les bus venant de Louvain et Haacht devraient s'arrêter à partir de lundi à Rogier. Ceux venant de Dilbeek marqueront l'arrêt à Westland tandis que les lignes provenant de Grimbergen, Wemmel, Puurs et Meise s'arrêteront à Bockstael. Pour les lignes venant de Ternat/Alost/Grand-Bigard, le terminus sera fixé à Simonis, rapportent les deux quotidiens flamands. Les syndicats ajoutent que la mesure restera en vigueur tant que la situation autour de Bruxelles-Nord ne sera pas réglée.


Selon Médecins du Monde, pas d'épidémie de gale ou de tuberculose à Bruxelles-Nord

Les chiffres de Médecins du Monde ne confirment aucune épidémie de tuberculose, de malaria ou de gale à la gare de Bruxelles-Nord, indique l'ONG par communiqué dimanche. "Selon les chiffres des consultations médicales dans le hub humanitaire (créé en septembre 2017 avec six autres organisations, NDLR), il n'est pas question d'épidémie de tuberculose, de malaria ou de gale: le nombre de cas présumés de tuberculose reste stable et celui de gale a même baissé", détaille Médecins du Monde dans son communiqué. "Rien de neuf sous le soleil: il n'y a pas plus de migrants, pas de flambées de maladie et pas d'épidémies", insiste l'ONG, qui pointe plutôt la dégradation de l'état de santé mentale et physique des migrants.

"Le stress, l'humidité, le froid, l'insécurité, la faim, la stigmatisation et la vie précaire ont un grand impact sur leur état de santé", explique Pierre Verbeeren, directeur de l'ONG, cité dans un communiqué. "Avant de parler d'épidémies, il faudrait être absolument sûr des chiffres et faits avancés. Les migrants souffrent déjà suffisamment de la stigmatisation".

Par ailleurs, depuis août 2017, l'ONG surveille de près les cas de gale et tuberculose, avec l'ASBL Fares et l'hôpital Saint-Pierre, alors qu'elle suspectait à l'époque de possibles cas de ces maladies. Des procédures ont été mises en place en cas de suspicion d'apparition d'une de ces affections. "Un rapport du SPF Santé publique datant de fin 2017 conclut qu'il n'y a aucune menace pour la santé publique belge et c'est encore le cas maintenant", avance l'organisation.

L'inspection sanitaire de la Commission communautaire commune (Cocom) n'a pas reçu non plus d'indication d'épidémie de tuberculose, de gale ou de paludisme à Bruxelles-Nord, a signalé le ministre bruxellois compétent Guy Vanhengel (Open Vld). Les médecins qui détectent de telles maladies contagieuses doivent normalement le signaler à l'inspection. Le SPF Santé publique doit également être informé en cas d'épidémie grave et il confirme que tel n'est pas le cas jusqu'à présent.


Les bus De Lijn s'arrêteront dès lundi à Rogier

Les bus de la société de transports en commun flamande De Lijn, qui marquent normalement l'arrêt à la gare de Bruxelles-Nord, s'arrêteront à partir de lundi à proximité de la place Rogier, qui deviendra leur point de départ et leur terminus, indique De Lijn dimanche. La société assure comprendre les préoccupations des syndicats et des employés à propos du manque d'hygiène autour de la gare ferroviaire bruxelloise. La direction rencontrera à nouveau les syndicats lundi matin.

Le changement de point de départ et terminus concerne les lignes 126, 127, 128, 129, 212, 213, 214, 230, 231, 232, 240, 241, 242, 243, 245, 250, 251, 260, 270, 271, 272, 318, 351, 355, 358, 410, 460, 461, 470 et 532. La ligne 471 s'arrêtera derrière la gare du Nord, à hauteur de la place Solvay.

Une porte-parole de De Lijn ajoute que les bus prendront leur pause entre les trajets sur la bande de bus située rue du Progrès, entre la place Rogier et la gare du Nord. Fin de l'année dernière, alors que les chauffeurs avaient déjà décidé de ne plus s'arrêter à la gare, les bus s'arrêtaient déjà à cet endroit. Une décision qui n'était pas du goût de la police locale, qui avait menacé de sanctions étant donné que les véhicules ne sont pas autorisés à stationner sur une voie réservée aux bus. De Lijn pense toutefois que la police se montrera compréhensive, car une décision a dû être prise rapidement.

Une concertation est prévue lundi avec la police locale. La gare du Nord représente un arrêt de bus problématique depuis longtemps. Il est évoqué depuis un moment d'instaurer des arrêts temporaires sur la place du Nord, au lieu d'en-dessous de la gare comme actuellement. A long terme, un nouveau terminal de bus devrait être érigé.


"Tant que le fédéral n'assume pas ses responsabilités..."

"Tant que le fédéral n'assumera pas ses responsabilités, on continuera à tourner en rond", a réagi dimanche matin le bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt. "Lundi, je demanderai un rapport au service médical afin d'objectiver cette épidémie de gale, une maladie qui n'est contagieuse que par contact direct et prolongé", a-t-il indiqué.

"Si cette épidémie est confirmée, il faut instaurer un traitement de moyenne durée, régulièrement suivi dans de bonnes conditions d'hygiène, ce qui est bien évidemment impossible au vu des conditions dans lesquelles vivent ces migrants", a-t-il ajouté. "Il n'y aura de solution que si le fédéral accepte, comme nous le demandons depuis plus de 2 ans, de créer un centre d'accueil et d'orientation, au sein duquel des soins pourront être prodigués", a poursuivi le bourgmestre en rappelant par ailleurs que la sécurité dans les gares relève de la compétence de la police fédérale des chemins de fer. "Or, celle-ci manque d'effectifs et c'est particulièrement criant à la gare du Nord, ce qui renforce le sentiment d'insécurité", a encore pointé Bernard Clerfayt.

"Le cadre de la police des chemins de fer est en déficit de 40% alors qu'à la police des aéroports, il est presque complet. Là aussi, il s'agit d'un choix politique" dont souffrent les gares bruxelloises, a-t-il poursuivi. "La police de Schaerbeek mène déjà de nombreuses missions à la gare du Nord mais nous ne pouvons pas assumer tout ce qui n'est pas fait par les autres niveaux de pouvoir", a conclu Bernard Clerfayt.


 

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