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Test Yale Linus: que vaut cette serrure connectée très complète, qui peut même allumer vos lampes ?

Les tests de Mathieu: et si en ouvrant votre porte d’entrée avec un smartphone, toutes les lampes s’allumaient…
 
Les tests de Mathieu
 

Elle a plusieurs options amusantes et des accessoires très pratiques, mais la serrure connectée du célèbre fabricant américain a quelques défauts, aussi. Je l'ai testée durant deux semaines et voici mon verdict.

Dans le petit monde de la domotique, donc de la maison intelligente, on a l’habitude de croiser de nouveaux acteurs, des jeunes start-ups comme Tedee et Nuki (deux entreprises européennes de serrure connectée, justement). Ou alors, des mastodontes comme Google (avec Nest, il propose une large gamme d’appareil connectés) ou Samsung (avec sa gamme SmartThings) qui ont justement racheté des start-ups... 

Mais parfois, ce sont des noms très réputés sur un marché traditionnel qui osent se lancer dans des versions “numérisées” et “intelligentes” de leurs produits. Je parle aujourd'hui de Yale, une entreprise américaine pionnière (elle a été créée au 19e siècle) au niveau des serrures et des systèmes de fermeture. Pour la petite histoire, Yale appartient depuis 2000 au géant suédois de la sécurité Assa Abloy, qui détient d’innombrables entreprises spécialisées dans la sécurisation des accès. 

Yale Linus, 249€, à fixer au-dessus de votre clé actuelle

La serrure connectée, c’est actuellement un petit marché en Belgique et en Europe, mais il est en forte croissance et cartonne aux Etats-Unis. Dans nos régions, la multiplication des types de portes, serrures et cylindres complique la tâche de ceux qui osent se lancer sur ce marché. Je vous ai déjà parlé de Nuki, et plus récemment de l’excellente proposition de Tedee.  

Place à Yale avec sa Linus (hommage à Linus Yale, celui qui a inventé le cylindre avec clé crantée au 19e siècle). Il s’agit d’un imposant bloc en métal, assez lourd, et noir dans me version de test (elle existe en blanc). Son principe de fonctionnement est identique à la smart lock de Nuki: la Linus vient se coller à l’intérieur de votre porte d’entrée, et une ‘pince’ motorisée fait tourner la clé existante. 


 

L’installation est relativement simple et rapide, pour autant que le cylindre actuel de votre porte soit  ‘double’, c’est-à-dire qu’il est possible d’ouvrir la porte d’un côté même si une clé est insérée de l’autre. Si ce n’est pas le cas, pas de panique, Yale propose un cylindre ajustable en option (39€) prévu spécialement pour la Linus. Je n’ai pas dû l’utiliser lors de mon test, car j’avais déjà un cylindre double et j’ai donc installé la serrure en 5 minutes. La serrure robotisée et connectée est lourde et inspire la confiance. Le socle se colle avec un double-face fourni et tient solidement. On y clipse la serrure, et on ferme ensuite les deux leviers latéraux. 

Sachez que la serrure intègre 4 piles AA. Yale n’a pas utilisé de batterie, plus compacte et plus fiable (car la qualité des piles peut fortement varier). Je n’ai pas pu mesurer leur durée de vie, et elle dépend forcément de l’usage que vous en faites: de temps en temps pour dépanner, ou systématiquement pour ne pas sortir vos clés… Yale parle de “6 à 9 mois” en utilisation normale. Hélas, impossible de vérifier le niveau des piles via l’application, comme le permet Tedee et sa batterie: il faudra attendre la notification ‘niveau faible’. 

Elle préfère les portes “simples”

Après l’installation, place à la calibration en partie manuelle de la serrure. Ma porte d’entrée, comme beaucoup de portes d’entrée en Belgique, n’a pas de poignée à l’extérieur. La serrure doit donc faire un petit quart de tour en plus pour tirer le loquet et ouvrir complètement la porte. J’ai dû m'y reprendre à deux fois pour le faire comprendre à la Linus de Yale. Et comme ma porte est “à serrage” (je dois légèrement pousser dessus pour que le loquet ferme bien la porte, c’est mieux pour l’isolation), la serrure doit faire un petit effort supplémentaire pour ouvrir complètement la porte. Parfois, elle n’y arrivait pas (pas assez de puissance dans le moteur), et je crains qu’à la longue, ça use davantage les piles. 

Mais toutes les portes d’entrée ne sont pas comme la mienne. Notez que je n’ai pas rencontré ce problème avec Tedee, dont le petit moteur fixé directement au cylindre dédié (et non sur la clé) semble plus puissant ou mieux optimisé.

Passé ce petit souci que beaucoup d'utilisateurs ne rencontreront donc pas, la Linus de Yale est réactive. Son application se connecte rapidement à la serrure, soit en direct (logo Bluetooth), soit via le réseau Wi-Fi (car la serrure s’y connecte en local). 

Une application qui manque de clarté

Cependant, et c’est le plus gros reproche que je dois faire à cette serrure, l’écran d’accueil de l’application n’est pas assez clair, mal traduit et incomplet. Quand la porte est fermée (mais non verrouillée, donc je veux juste tirer le loquet pour rentrer chez moi), un cercle vert morcelé se trouve au-dessus des mots ‘Ouvrir’ et ‘Déverrouillée’ :

Pas très logique: la seule action qu’on puisse faire, c’est d’appuyer sur le cercle, et ça verrouille la porte (alors qu’il y a le verbe ‘ouvrir’ !). Le cercle devient rouge, avec la mention ‘fermer’, et je dois donc rappuyer dessus par la suite pour... ouvrir complètement la porte. C’est une perte de temps et d’énergie (et ça use les 4 piles pour rien). Je ne comprends pas pourquoi l’application n’affiche pas deux options claires: ‘tirer le loquet’ ou ‘verrouiller la porte’ comme le permet la concurrence. 

L’application permet d’activer des règles simples comme le fait d’ouvrir la serrure quand la localisation détecte que vous approchez de la maison. Je déconseille son utilisation qui peut s’avérer chaotique (à moins de vivre seul). 

Elle allume aussi vos lampes

Depuis le 6 avril, la Linus de Yale peut être couplée, via l’application, à votre compte Philips Hue. Il s’agit des ampoules connectées les plus populaires et les plus répandues. Tout se fait via le menu “Marche avec”, et après avoir lié votre compte, vous pouvez activer des règles simples du genre: ‘Quand j’ouvre la serrure, les ampoules de la cuisine doivent s’allumer’ ou ‘Quand je ferme la serrure, toutes les ampoules de la maison doivent s’éteindre’. 

Une option amusante et qui fonctionne de manière fiable, j’ai pu le tester. Ça ne change pas la face du monde mais si vous utilisez la serrure Yale tous les jours pour ouvrir et fermer votre porte d’entrée, ça peut s’avérer utile:

Il existe un accessoire nettement plus utile: le Keypad. Un petit boitier étanche avec des numéros et un bouton Yale, à fixer (double face ou visses) près de la porte d’entrée, à l’extérieur. Un code est fourni (on peut le changer via l’application) et il permet, vous l’avez deviné, d’ouvrir la serrure sans sortir son smartphone. Pour fermer, il suffit d’appuyer sur le bouton Yale. Pratique, voire indispensable, mais un peu cher pour ce que c’est: 69€.

Enfin, dernier accessoire, le bridge (79€) ou ‘pont de connexion’, qui permet à la serrure d’être commandée depuis l’extérieur de la maison. Utile dans certaines circonstances seulement, si vous devez ouvrir la porte à quelqu’un alors que vous êtes au bureau. Attention aux fausses manipulations: une fois ouverte complètement, une porte d’entrée belge (serrée et avec loquet) ne peut pas se refermer à distance !

Conclusion

La serrure Linus du spécialiste Yale, à 249€, est mécaniquement de bonne qualité. Sa finition est exemplaire, elle est discrète et s’intègre élégamment dans un intérieur. 

Yale a choisi d’utiliser un mécanisme qui vient ‘pincer’ votre clé existante, à l’intérieur, et qui la fait tourner grâce à un moteur alimenté par 4 piles AA. Avant d’avoir testé la serrure de la jeune entreprise polonaise Tedee, j’aurais cru que c’était la seule option. Mais la smart lock de Tedee (319€ avec cylindre), sur batterie rechargeable et qui se fixe directement sur le cylindre ajustable et dédié, est plus performante et nettement plus discrète. 

Si l’application Yale Access est assez réactive (elle se connecte rapidement à la serrure), son ergonomie mérite une révision pour fonctionner correctement avec les portes d’entrée en Belgique, qui sont souvent dépourvues de poignée à l’extérieur (la serrure doit donc faire un quart de tour supplémentaire). Heureusement, il y a un accessoire qui sauve la partie: le Keypad (69€) qui permet d’ouvrir ou fermer sans sortir son smartphone. 

En l’état actuel des choses, je recommande d’abord la serrure de Tedee, puis celle de Nuki (199€ sans cylindre).


 

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