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Vaste escroquerie à la vente de véhicules d'occasion: les suspects seront jugés par le tribunal correctionnel

  • "On sait que les gens du voyage ont mauvaise presse auprès d''une partie du public"

  • L''affaire de fraude aux voitures volées devant la Chambre du conseil

 
 
 

La Chambre du Conseil de Bruxelles se penche ce midi sur cette vaste affaire d'escroquerie aux voitures d'occasion. Des gens du voyage et des policiers sont impliqués. Les inculpés viennent de Bruxelles et Charleroi.

L'audience concernant l'affaire de l'importante escroquerie autour de la vente de véhicules d'occasion a été reportée. "C'est une affaire d'une ampleur considérable qui s'est retrouvée devant la Chambre du Conseil ce matin: 79 inculpés, 1.000 victimes, 6,5 millions de préjudices estimés et des dizaines d'avocats, explique notre journaliste Laxmi Lota dans le RTL INFO 13h. C'est pour cette raison que la Chambre du Conseil a siégé ce matin dans la salle de la Cour d'Assises de Bruxelles, et c'est un problème pour Alexis Deswaef, l'avocat de trois inculpés."

"Voir des personnes qui sont inculpées d'escroquerie dans un box d'accusés, où d'habitude, il y a des assassins et des meurtriers, ça ne va pas, estime Alexis Deswaef, l'avocat de trois inculpés. Vis-à-vis du public, on sait que les gens du voyage ont mauvaise presse auprès d'une partie du public, voire parfois dans la manière dont on parle d'eux dans les journaux, donc rajouter à cela, le fait de les faire juger dans la salle de la cour d'assises rajoute à cette impression qu'on est face à de dangereux criminels, alors que ce n'est pas le cas, même s'ils doivent être jugés pour les faits qu'ils ont commis".

Le dossier concerne une organisation criminelle responsable d'escroqueries via l'achat de véhicules d'occasion et dont les principales victimes sont les vendeurs, des particuliers qui mettaient en vente leurs véhicules via des annonces postées sur des sites web spécialisés. De prétendus acheteurs répondaient aux annonces. De faux virements étaient ensuite effectués devant le vendeur, auquel était montrée sur un téléphone ou une tablette une fausse confirmation d'envoi de virement bancaire. Puis le véhicule acheté était rapidement exporté vers l'étranger.

Mobilisation considérable des forces de l'ordre

Dans cette affaire, une mobilisation considérable de forces de police a mené, le 7 mai 2019, à une vague de perquisitions en régions bruxelloise et carolorégienne, mais aussi en France, essentiellement sur des sites occupés par des gens du voyage, et à l'interpellation d'une cinquantaine de personnes.

Ce sont aussi 90 caravanes, 91 voitures et 34 biens immobiliers qui ont été saisis ainsi que des bijoux, de l'argent liquide et des armes. Par ailleurs, de nombreux mandats d'arrêt européens ont été délivrés à l'encontre de suspects à l'étranger. Dans les jours et semaines suivantes, d'autres perquisitions ont été orchestrées, notamment dans un commissariat de la police locale de Roux, dans la région de Charleroi, et dans les locaux des unités spéciales de la police fédérale à Etterbeek (Bruxelles).

Plusieurs policiers sont inculpés pour corruption. Une étude notariale, une banque, un garage automobile ainsi que le service d'immatriculation des véhicules (DIV) ont également été perquisitionnés, aboutissant à d'autres inculpations, notamment pour corruption, blanchiment d'argent et faux. Compte tenu du nombre important de personnes inculpées, la chambre du conseil siégera dans la salle de la cour d'assises de Bruxelles jeudi.


 

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